Talentueux Palmarosa, infections et affections n’ont qu’à bien se tenir !

Plante de Palmarosa, de la famille des Cymbopogon martiniiHerbacées bien connues de la pharmacopée ayurvédique, les cymbopogons viennent jusque chez nous sous la forme d’huiles essentielles plutôt familières : citronnelle, listée citronnée, gingergrass et… palmarosa. Eh bien oui, toutes ces huiles essentielles appartiennent à la même famille botanique !

Parfois nommé géranium indien, le palmarosa provient donc de l’Inde mais aussi du Népal ou d’Indonésie. Aujourd’hui, la plante est également cultivée en Afrique du Nord, à Madagascar, aux Caraïbes et en Amérique du Sud. Son talent lui vient de l’étendue de ses indications en tant qu’huile essentielle : infections en tout genre, affections de la peau, mycoses, transpiration excessive, cosmétique ; et de l’étendue des voies d’administration : cutanée, atmosphérique et interne.

Fiche d’identité de l’huile essentielle de palmarosa

Nom commun : palmarosa, géranium indien (anciennement)

Nom latin : Cymbopogon martinii var motia

Famille : Poacées

Origine : Inde, Népal, Indonésie

Partie distillée : parties aériennes

Propriétés organoleptiques :

  • Aspect : liquide
  • Couleur : jaune pâle
  • Odeur : douce, ample, proche de la rose.

Cymbopogon martinii, oui mais…

Si l’espèce à l’origine du palmarosa est cymbopogon martinii, c’est également celle du gingergrass. Il s’agit en réalité de deux variétés différentes : var motia pour le palmarosa, var sofia pour le gingergrass. Chacune ayant ses propriétés propres en raison d’une composition chimique différente.

PalmarosaIl n’y a a priori pas de raison de les confondre puisque le nom des huiles essentielles diffère. Toutefois, veillez à bien lire l’étiquette afin de vous en assurer. Si d’aventure la variété n’y figure pas, passez votre chemin à moins que vous ne connaissiez parfaitement le producteur ou que votre nez vous indique la différence : douceur proche de la rose pour le palmarosa et notes plus épicées qui rappellent la térébenthine pour le gingergrass.

 

Qu’est-ce qui rend donc le palmarosa si talentueux ?

Contrefaçons ! Attention à la qualité des produits !

La fragrance du palmarosa est si proche de celle de la rose et son coût tellement moindre, que depuis la découverte de cette huile essentielle au XVIIIe siècle, nombre de fabricants peu scrupuleux l’utilisent pour couper l’huile essentielle de rose. C’est encore vrai aujourd’hui ! N’oubliez pas non plus de privilégier la provenance Bio !

La distillation des feuilles, récoltées juste avant la floraison [1] puis séchées, va révéler majoritairement deux familles moléculaires, lesquelles donneront quasiment à elles seules toute la panoplie des indications de l’huile essentielle de palmarosa.

Commençons par les monoterpénols dont la concentration oscille entre 80 et 95 %. Largement représentés par le géraniol (70 à 80 %), c’est lui qui évoque cette fragrance si proche de celle de la rose ; puis par le linalol (2 à 4 %). La principale caractéristique des monoterpénols ? Ce sont les seuls anti-infectieux doux pour l’épiderme.
Viennent ensuite les esters, dont l’acétate de géranyle constitue la plus grande part avec un taux de 3 à 20 %. Il apporte la dimension harmonisante et apaisante du palmarosa.

Talentueux depuis le soin jusqu’à dépolluer les sols !

Alerte

Précautions et contre-indications

 

  • Les monoterpénols sont les composés les mieux tolérés par la peau. Toutefois, le géraniol et le linalol, notamment, sont listés par la réglementation européenne comme allergènes [8].
  • Malgré une excellente tolérance cutanée, nous vous invitons à procéder à un test d’allergie.
  • Un usage prolongé (déodorant) peut provoquer une irritation.
  • Déconseillé chez l’enfant de moins de 3 ans
  • Interdit chez la femme enceinte sauf au moment de l’accouchement (voir plus loin).

Difficile de synthétiser l’ensemble des atouts de cette plante et de son huile essentielle tant il y en a ! D’ailleurs, elle fait l’objet d’une pléthore d’études. Mais sa spécificité réside dans son utilisation contre les microbes [2], les bactéries [3], les champignons [4] et les parasites [5] tout en respectant l’épiderme. Songez un peu, l’on pense à elle pour contribuer à la dépollution des sols [6] ! La palmasora est très utilisée en médecine ayurvédiqueAlors que la médecine ayurvédique la connait déjà pour traiter les problèmes cutanés, les désordres intestinaux et hépatiques, la fièvre, etc., la science occidentale lui découvre des propriétés régulatrices sur le système immunitaire [7]. Quant à l’industrie cosmétique, elle l’introduit dans les bases de parfums et les savons. D’autres découvertes sont-elles susceptibles de voir le jour ? L’avenir nous le dira. Mais au rythme où vont les études, c’est probable.

L’anti-infectieux à large spectre

Vous l’aurez compris, l’huile essentielle de palmarosa est anti-infectieuse : c’est-à-dire antivirale, antibactérienne et antifongique.

La palmarosa est particulièrement efficace sur les infections uro-génitales : cystites, mycoses, vaginite, utériteParticulièrement efficace sur les infections uro-génitalescystites, mycoses, vaginite, utérite et intestinales, elle agit principalement en interne (pour cela, consultez un spécialiste), mais aussi par voie percutanée. Alors, n’hésitez pas à compléter votre traitement par un massage du bas du ventre avec 4 gouttes de palmarosa diluées dans une dizaine de gouttes d’huile végétale (une huile d’olive peut faire parfaitement l’affaire).

L'action de la palmarosa s’étend également aux infections de la sphère ORL Son action s’étend également aux infections de la sphère ORL et aux états fébriles. Appliquez localement une proportion de 3 gouttes d’huile essentielle de palmarosa pour 6 gouttes d’huiles végétales, en cas de :

  • Sinusite (ici une seule goutte d’huile essentielle pour 6 gouttes d’huile végétale, car il s’agit du visage), sur le pourtour des sinus (attention à ne pas en mettre dans les yeux !),
  • otite, derrière les oreilles (surtout pas dedans !),
  • angine, sur la gorge,
  • bronchite, sur le thorax et le dos,
  • grippe, le long de la colonne vertébrale et sur la plante des pieds.

Afin de limiter la propagation virale mais aussi combattre la fatigue, vous pourrez diffuser cette huile essentielle en toute sécurité. Si vous vous sentez particulièrement fiévreux (se), la synergie avec l’huile essentielle de ravintsara va renforcer son action en stimulant le système immunitaire.

Le spécialiste des affections et imperfections cutanées

Problèmes de peau ? Remontons à la source…

Savez-vous que les cellules épidermiques et nerveuses ont la même origine [9] ? Avez-vous remarqué combien nos états émotionnels se voient sur notre peau ? Par exemple, en état de stress, notre odeur devient plus forte. Ou encore, sous le coup de la colère nous rougissons ; de la peur, nous blêmissons.

Alors, en prenant soin de l’un nous prendrons soin de l’autre. C’est vrai dans les deux sens !

Dans le langage naturopathique, la peau est un émonctoire. Heu… un émonctoire ? Oui, ça sert à éliminer. On en a quatre principaux : le complexe comprenant les intestins (grêle et colon, aussi appelé gros intestin), le foie et la vésicule biliaire ; les reins ; les poumons et… la peau ! Seulement voilà, notre alimentation bancale et notre sédentarité perturbent tout le système qui se retrouve bien souvent un peu saturé en toxines ! Du coup, la peau récupère des rejets qui ne lui sont pas destinés, d’où les problématiques. Que faire ? Pour en venir à bout, passer par la case réglage alimentaire se révèlera salutaire. Les huiles essentielles seules n’y parviendront pas.

Mycoses [10], acné, eczéma, escarres [11], crevasses, transpiration excessive, rides, peau grasse : voilà les cibles du palmarosa, qui, outre les actions vues précédemment, régénère les cellules cutanées !

La synergie des huiles essentielles de palmarosa et tea tree va nous être utile dans une majorité de situations :

  • Pour une mycose par exemple, versez 25 gouttes de chaque huile essentielle dans un flacon de 10 ml et complétez avec une cire liquide de jojoba. Appliquer 2 fois par jour pendant au minimum 2 semaines.
  • Le palmarosa permet de traiter l'eczema et les mycosesSur l’acné, mélangez 2 gouttes de palmarosa, 2 gouttes de tea tree et 1 goutte de ciste ladanifère dans un flacon (ou mieux un roll on) de 10 ml que vous compléterez avec une huile végétale de nigelle ou une cire liquide de jojoba. Passez le roll on sur chaque bouton 2 fois par jour. Juste avant, nettoyez la peau avec un hydrolat de genévrier ou de lavande aspic.
  • Le palmarosa est très efficace sur la transpirationEn cas de transpiration excessive, mélangez 2 gouttes de palmarosa et 2 gouttes de tea tree et frictionnez-vous les mains et les pieds. En déodorant, mélanger 2 gouttes de palmarosa dans 2 gouttes d’huile végétale de noisette et appliquer sous les aisselles. Attention, cette huile essentielle peut devenir irritante à long terme. Nous vous suggérons d’alterner avec d’autres solutions. Vous trouverez des recettes de déodorants sur Internet.

Le traitement de l’eczéma est plus délicat en raison des différents types. Nous vous invitons à consulter un spécialiste qui pourra vous conseiller une synergie personnalisée. Sachez toutefois que les huiles de bourrache et de nigelle sont particulièrement recommandées.

Votre peau est grasse ? Mélangez 3 gouttes de palmarosa et 3 gouttes de lavande fine dans un flacon de 30 ml et compléter avec une cire liquide de jojoba. Avant d’appliquer ce soin, passez sur le visage un hydrolat de fleur d’oranger amer ou de géranium bourbon.

Le palmarosa tonifiant

Le palmarosa stimule les contractionsContrairement à ce que pourrait le laisser croire sa teneur en esters, le palmarosa est un tonique. Il stimule le système immunitaire et le système nerveux (angoisse, déprime, stress, irritabilité, fatigue, etc.), essentiellement en olfaction et en diffusion. Vous pouvez aussi en mélanger 5 gouttes dans une cuiller à café d’huile végétale (une cire liquide de jojoba par exemple) et masser la plante des pieds, le plexus solaire et le long de la colonne vertébrale.

Il est également utéro-tonique, c’est-à-dire qu’il stimule les contractions. S’il est interdit pendant la grossesse, en revanche allez-y au moment de l’accouchement ! Préparez un flacon de 30 ml dans lequel vous aurez mis 50 gouttes de palmarosa dans une huile végétale de noyaux d’abricot ou d’argan ou de noisette. Monsieur, vous pourrez masser le ventre et le bas du dos de votre compagne pendant l’accouchement.


Sources

[1] Biotransformation de l’acétate de géranyle en géraniol au cours du développement de l’inflorescence du palmarosa (Cymbopogon martinii, Roxb. wats. var. motia).

[2] L’action antimicrobienne de l’huile de palmarosa sur Saccharomyces cerevisiae*.

[3] L’activité des huiles essentielles issues de plantes médicinales brésiliennes sur l’Escherichia coli.

[4] L’activité antifongique, anti-élastase et anti-kératinase, in vitro, des huiles essentielles de Cinnamomum (Cannelle de Ceylan), Syzygium (giroflier) et deux espèces de Cymbopogons (citronnelle et palmarosa) sur Aspergillus fumigatus* et Trichophyton rubrum*.

[5] Géraniol, le principe potentiellement antiparasitaire (vermifuge) du Cymbopogon martinii.

[6] Palmarosa [Cymbopogon martinii (Roxb.) Wats.], une solution possible de phytoremédiation* des sols pollués par les rejets de tanneries.

[7] À des concentrations non cytotoxiques, l’huile essentielle de Cymbopogon martinii et le géraniol exercent des effets immunomodulateurs* et anti-inflammatoires sur les monocytes* humains.

[8] Règlement Cosmétique n° 1223/2009, liste des 26 substances allergènes qui doivent figurer sur la liste des ingrédients.

[9] « … L’ectoderme [de l’embryon] donnera l’épiderme de la peau et la totalité du système nerveux. ». In le système nerveux central et périphérique, Professeur Jacques Poirier pour la fondation ARSEP (Recherche sur la sclérose en plaques), page 10, paragraphe 3.3

[10]L’activité antifongique, in vitro et in vivo, des huiles essentielles de Cymbopogon martinii et de Chenopodium ambrosioides* et leur synergie contre les dermatophytes*.

[11]Les cahiers pratiques d’aromathérapie selon l’école française — Soins palliatifs, Dominique Baudoux 2010. Les pages 132-133 présentent une synergie et un protocole complets.

Important ! Ces informations sont communiquées à titre informatif et non pas professionnel. Elles n’ont pas pour vocation à remplacer une visite médicale et un diagnostic personnalisé réalisé par un expert de santé tel un médecin, seul à même de le réaliser légalement et d’effectuer des prescriptions adaptées à votre situation médicale et votre situation particulière.
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