Propriétés et bienfaits des huiles essentielles : le guide !

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Découvrez notre guide des huiles essentielles

Les huiles essentielles, tout le monde en parle ! A juste titre d’ailleurs tant elles sont utiles au quotidien. Que ce soit pour prendre soin de soi, en cuisine ou pour entretenir sa maison elles se faufilent partout pour le plaisir des bienfaits et des odeurs qu’elles dispensent.

Issues des seules plantes aromatiques (qui représentent une infime partie de l’ensemble des plantes), les huiles essentielles sont un concentré de principes actifs et puissants et, à ce titre, leur usage nécessite quelques précautions.

Nous allons ici vous donner les moyens de séparer le bon grain de l’ivraie et vous aider à faire un choix éclairé en matière d’huiles essentielles. Découvrez dans ce guide tout ce qu’il faut savoir sur le sujet !

Les huiles essentielles ne sont ˝pas une médecine douce˝1 !

En revanche, elles sont une véritable médecine dans la mesure où elles accompagnent la santé globale. Comment ? Une huile essentielle c’est :

  • De la matière, c’est-à-dire des molécules aromatiques qui agissent en synergie. Leur ˝principale carte de visite est indéniablement l’infection˝2
  • De l’information, en olfaction elle révèle l’état émotionnel du moment et permet un travail en psycho-émotionnel.
  • De l’énergie, elle donne ou capte des électrons. On parle d’huile essentielle positivante ou négativante qui impacte le système nerveux, ainsi elle dynamise ou au contraire apaise.

Deux courants proposent une approche différente et complémentaire :

  • L’école française, orientée sur l’aspect clinique et scientifique, s’appuie sur les principes actifs des huiles essentielles, la matière.
  • L’école anglo-saxonne prend ses sources dans les médecines traditionnelles, qui tiennent compte de la globalité de la personne, et s’intéresse davantage aux dimensions énergétique et informative.

Aromathérapie, aromatologie, olfactothérapie …, c’est quoi tout ça ?

  • Aromathérapie : branche de la phytothérapie (soin par les plantes) dont l’objectif est médical. Seuls les médecins peuvent prétendre à l’appellation d’aromathérapeute.
  • Aromatologie : étude des huiles essentielles à des fins thérapeutiques. Les personnes formées à l’aromatologie peuvent faire du conseil et de l’éducation à la santé.
  • Aromachologie : s’intéresse aux phénomènes neurobiologiques à partir des odeurs. Recherche le bien-être psycho-émotionnel.
  • Olfactothérapie : thérapie par les odeurs dont le but est de libérer les blocages liés au passé. Terme créé par Gilles Fournil3 .

Qu’en dit la réglementation ?

Les huiles essentielles et la réglementation

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’y a pas de réglementation propre aux huiles essentielles. C’est leur destination (leur usage), mentionnée par le fabricant, qui la détermine.4

  • En usage alimentaire (la majorité des huiles essentielles), elles rentrent dans la législation concernant les compléments alimentaires ou les arômes. A ce titre, elles doivent faire l’objet d’une déclaration auprès de la DGCCRF5 , et ne pas mentionner d’allégations thérapeutiques. En revanche, elles peuvent être certifiées biologiques et porter les logos européen (eurofeuille) et français (label AB).
  • En usage cosmétique les huiles essentielles sont considérées comme des ingrédients de produits cosmétiques et répondent aux critères relatifs auxdits ingrédients. Ici aussi elles ne doivent pas revendiquer de propriétés thérapeutiques.
  • En usage thérapeutique, seules quinze huiles essentielles relèvent du monopole pharmaceutique (en raison de leur toxicité) et peuvent prétendre à l’allégation thérapeutique.6 .
  • En usage biocide (spray assainissant), elles interviennent en tant que composant et l’étiquetage doit se conformer aux dispositions relatives aux substances toxiques.

Un règlement européen récent, REACH7, promeut la sécurité des produits chimiques. Les constituants des huiles essentielles sont considérés comme des produits chimiques et entrent ainsi dans le cadre de cette réglementation.8

Comme vous le voyez, la législation sur les huiles essentielles est assez floue même si des tentatives pour sécuriser leur emploi se précisent. C’est pourquoi, nous vous invitons à la vigilance.

Lorsque vous consultez un spécialiste, assurez-vous qu’il dispose d’une formation appropriée et sérieuse en aromathérapie.

Les critères de qualité des huiles essentielles

Mais alors, quels sont les critères de qualité des huiles essentielles ?

Ces critères, ainsi que l’étiquetage, répondent aux normes officielles : AFNOR – Association Française de Normalisation et ISO – Organisation Internationale de Normalisation ou CEN – Comité Européen de Normalisation. Destinés à garantir un certain niveau de qualité et de sécurité d’emploi, ils concernent la matière première végétale d’une part et l’huile essentielle à proprement parler d’autre part9 . Ils portent sur une identification fiable qui permet la traçabilité du produit ainsi que sur des analyses qui déterminent les constituants chimiques et les caractéristiques physiques de l’huile essentielle et, pour finir, sur des contrôles effectués en laboratoire.

Pour vous aider à vous y retrouver, voici ce qui doit figurer sur l’étiquette :

  • Identité de la plante, nom courant et dénomination latine qui identifie le genre, l’espèce et le cas échéant, la sous-espèce et la variété.
  • L’origine de la plante : région et mode de production (culture conventionnelle ou biologique, cueillette sauvage).
  • La partie utilisée : fruit, feuille, rameau, graine, écorce, fleur…
  • Le mode d’extraction : distillation, expression à froid…
  • Un numéro de lot qui permet la traçabilité et la date de péremption de l’huile essentielle.
  • S’il y a lieu, le chémotype identifie la ou les molécules qui donnent à l’huile essentielle son mode d’action principal. Les huiles essentielles n’ont pas toutes un chémotype.
  • Une mention de précaution d’utilisation selon la législation qui s’applique (alimentaire, cosmétique…)

D’autres mentions peuvent figurer sur l’étiquette et fournir des informations complémentaires :

  • 100% intégrale : précise que l’huile essentielle est non rectifiée, non décolorée, non déterpénée.
  • 100% naturelle : indique que l’huile essentielle n’a pas été reconstituée ou modifiée avec des composants d’origine minérale voire de synthèse.
  • 100% pure : signifie que l’huile essentielle n’a pas été diluée, coupée ou allongée.
  • Huile essentielle chémotypée. Cette mention désigne une huile essentielle dont le profil biochimique a été défini par une analyse chromatographique. Ne révèle en rien la présence d’un chémotype.
  • Un ou plusieurs labels …

Quels labels regarder sur les huiles essentielles ?

Entre les officiels, les sérieux et les fantaisistes, comment s’y retrouver ?

Certains acteurs du secteur créent leurs propres normes. N’étant pas officielles, elles peuvent être utilisées alors même que le produit ne répond pas au cahier des charges de ladite norme. Voici les labels que vous pouvez trouver sur les flacons d’huiles essentielles les plus fiables.

Label Type Caractéristiques
HECT Privé, non officiel ˮHuile Essentielle ChémoTypéeˮ. Label créé par Dominique Baudoux pour le laboratoire Pranarôm.
HEBBD Privé, non officiel ˮHuile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définieˮ. Label créé par Philippe Mailhebiau, fondateur et dirigeant du laboratoire Panacea Pharma
EOBBD Privé, non officiel "Essential Oils Botanically and Biochemically Defined". Nouveau label créé par Philippe Mailhebiau qui se veut plus pointu.
QBI(c) Privé, non officiel Label créé par le docteur Pénoël pour Osmobiose.
HESD Privé, non officiel Label du laboratoire Eona.
Officiel français Norme française. Ce logo n’est plus obligatoire depuis la création du logo européen. Mais il est toujours utilisé car connu des français.
Officiel européen Norme européenne. Certifie une culture sans engrais chimiques, pesticides ou herbicides.
Fédération internationale Certification internationale attribuée à tout producteur répondant aux normes très strictes de la biodynamie.
Fédération internationale Cette mention tient compte des normes européennes de l’agriculture biologique mais y ajoute des critères environnementaux, sociaux et économiques.
Préférez les huiles essentielles Bio

Faut-il acheter des huiles essentielles Bio ou pas bio ?

Ah, la grande question ! Si aujourd’hui aucune culture ne peut garantir une absence totale de produits phytosanitaires, les pesticides, herbicides, insecticides et autres engrais chimiques de la culture conventionnelle se retrouvent dans les huiles essentielles. Nous vous conseillons donc de privilégier les huiles essentielles issues de l’agriculture biologique dès lors que vous les utilisez sur vous.

Petite démo…

Une étude menée en 2017 portant sur des essences d’orange a montré que des huiles essentielles issues de la culture conventionnelle contenaient en moyenne 17 pesticides différents à une concentration de 5,1 mg/l (sur l’un des échantillon ce score est monté à 39 pesticides différents concentrés à 51,1 mg/l) contre 4 pesticides différents à une concentration de 0,087 mg/l dans les échantillons issus de la culture biologique.10
Les huiles essentielles peuvent se conserver très longtemps

Conditionnement et validité : combien de temps se conservent les huiles essentielles ?

Les huiles essentielles sont des produits vivants et très actifs, sensibles à la lumière et à l’oxydation. Une bonne huile essentielle sera commercialisée dans un flacon en verre teinté pour préserver sa qualité et équipé d’un compte-goutte pour mesurer précisément les quantités utiles et ainsi éviter les surdosages.

La législation fixe la DLUO (date limite d’utilisation optimale) à 5 ans. Toutefois, si elles sont conservées dans de bonnes conditions (flacon fermé stocké à l’abri de la lumière et des variations de températures) elles peuvent se garder plus longtemps. Certaines même, comme le vin, bonifient en vieillissant. Pour autant ne les jetez pas dès la date de péremption dépassée, vous pouvez toujours les utiliser dans un produit ménager. Les essences d’agrumes quant à elles sont plus sensibles à l’oxydation et se gardent 2 à 3 ans.

Attention !

Ne jetez jamais de produits potentiellement toxiques dans la cuvette des toilettes ou dans l’évier. Ces produits se retrouvent dans la nature et même dans l’eau du robinet car nos techniques de traitement des eaux usées ne filtrent pas tout.

A noter : si votre huile essentielle change d’odeur ou sent le rance, jetez-la sans attendre car elle peut devenir toxique.

Et comment les produit-on ces huiles essentielles ?

Distillation d'huile essentielle
Distillation d’huile essentielle

Les plantes aromatiques sécrètent une essence (molécules aromatiques) dans le but de se protéger de conditions climatiques rudes ou de prédateurs, d’attirer les polinisateurs ou de communiquer. L’extraction de cette essence est une technique très ancienne. Des alambics datant de 5000 ans avant J.C. ont été retrouvés en Inde et en Chine11 . L’huile essentielle est le produit de la distillation de l’essence de la plante.

Il existe plusieurs modes d’extraction de l’essence des plantes. Certains appartiennent au domaine de la parfumerie que nous n’aborderons pas ici. Les procédés d’extraction reconnus pas la pharmacopée européenne (6e édition) et utilisés pour l’aromathérapie sont11 :

  • La distillation par entrainement à la vapeur d’eau (la majorité des huiles essentielles) se fait dans un alambic. La durée d’une distillation varie selon la plante et peut aller jusqu’à plus de 20h. Pour produire des huiles essentielles de bonne qualité, la distillation doit être lente et complète et effectuée à basse pression et basse température (<100°C). Le résultat de la distillation se retrouve dans un essencier qui contient deux produits : l’huile essentielle et l’hydrolat.
  • La distillation sèche (bois et écorces), procédé sans eau qui permet de séparer les constituants d’un solide par chauffage.
  • L’expression à froid (agrumes), procédé mécanique sans chauffage qui consiste à presser le péricarpe (zeste) des agrumes pour faire éclater les poches à essence. D’ailleurs, pour les agrumes on ne parlera pas d’huile essentielle mais d’essence.

Avez-vous repéré tous les usages des huiles essentielles ?

Les huiles essentielles peuvent s'utiliser de multiples manières

Les huiles essentielles se retrouvent partout : en thérapie (aromathérapie, olfactothérapie), cosmétique, cuisine, entretien de la maison, bien-être (massage, bain), convivialité (soirée, réunion de travail), voire identité olfactive pour une société, parfum personnalisé. Quelques exemples ?

En cosmétique, on pourra trouver :

  • Du palmarosa dans un déodorant,
  • Du géranium dans une crème adoucissante,
  • Du romarin à cinéole dans un masque capillaire pour ralentir la chute des cheveux,
  • Du tea tree ou arbre à thé dans un dentifrice pour prévenir le tartre,
  • Etc…

En aromathérapie, faites appel à un spécialiste pour vous préconiser les meilleures options en fonction de votre problématique et de votre terrain. Toutefois, la littérature foisonne sur les atouts des huiles essentielles pour traiter les maux du quotidien, comme :

En cuisine, c’est la porte ouverte à votre créativité ! Les huiles essentielles issues d’épices, d’aromates, d’agrumes ou de fleurs donneront à vos plats une touche personnalisée. Basilic grand vert, coriandre graines, laurier noble, romarin, cannelle, girofle, gingembre, citron, orange, mandarine, lavande fine, ylang ylang, rose, etc… En respectant les précautions et contre-indications possibles pour chaque huile essentielle, voici comment procéder :

  • Diluez l’huile essentielle dans une partie de la préparation comme une cuiller de sauce par exemple, ou un peu d’huile avant de l’incorporer à votre plat,
  • Intégrez-la à la préparation après cuisson,
  • Une goutte après l’autre car elles parfument très fort et peuvent torpiller votre mets !
Astuce !

Une goutte de basilic grand vert (ocimum basilicum ct linalol) et une goutte de citron (citrus limonum) ou une goutte d’orange douce (citrus sinensis) sublimeront votre vinaigrette !

Dans la maison, du sol au plafond, les huiles essentielles contribuent à assainir, désodoriser, éloigner les insectes, désinfecter, etc… en les mélangeant avec d’autres ingrédients comme le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc ou le savon noir ou en les diffusant pour contribuer à créer une atmosphère stimulante, de détente ou de convivialité. Par exemple, vous pouvez :

  • Diffuser des huiles essentielles de conifères pour assainir l’atmosphère,
  • Eloigner les mites avec quelques gouttes de cèdre de l’Atlas sur une pierre poreuse placée dans les placards,
  • Eliminer les mauvaises odeurs par quelques gouttes de citron déposées sur une pierre poreuse placée dans le réfrigérateur,
  • Limiter la prolifération des acariens en mélangeant une cinquantaine de gouttes de tea tree (ou arbre à thé) et une soixantaine de gouttes de pin, de lavande fine ou de citron (pour l’odeur) dans un flacon d’alcool blanc (100 ml) que vous vaporisez ensuite sur vos tissus d’ameublement.
  • Désodoriser les chaussures :
    • Dans un pot, mélangez une cinquantaine de gouttes de citron dans 3 cuillers à soupe de bicarbonate de soude.
    • Fermez le pot et secouez-le énergiquement.
    • Dispersez la préparation dans les chaussures et laissez poser toute la nuit.
    • Le lendemain enlevez le bicarbonate avant de vous chausser.
Un petit tuyau !

Selon l’usage que vous en ferez, une huile essentielle pourra être de qualité différente :

·    Irréprochable si vous l’utilisez sur vous, d’où l’importance d’une origine biologique de la plante et d’une garantie 100% pure, naturelle et intégrale.

·    Moyenne dans les produits ménagers. Inutile de choisir une huile essentielle très pure et chère pour laver le sol, vous êtes d’accord !

Qu’est-ce qui agit ? Les molécules aromatiques, quand faut y aller…

Les molécules aromatiques jouent leur rôle dans l'efficacité des huiles essentielles

Les huiles essentielles sont des substances infiniment complexes dont les composés varient selon l’endroit où pousse la plante, la méthode de culture, le mode d’extraction et même le savoir-faire du distillateur.

La classification chimique des huiles essentielles et ses limites

Cette classification par familles biochimiques reste aujourd’hui d’actualité. Mais les lignes bougent car les recherches et les expériences cliniques montrent que l’assemblage seul de molécules chimiques n’explique pas toutes les potentialités des huiles essentielles. Les interactions entre les molécules des huiles essentielles entre elles et avec celles du corps humain sont encore mal connues ainsi que d’autres critères comme les fréquences énergétiques (issues des plantes). Prendre en compte l’éventail plus large de tous ces critères est le défi des prochaines années en matière de connaissances des huiles essentielles.

Michel Faucon11

Pour faire simple et court, les molécules aromatiques sont classées en familles biochimiques selon leurs propriétés. Nous n’allons pas les détailler toutes ici, ce serait fastidieux.

En revanche, quelques distinctions sont importantes à repérer. Pour ce qui concerne les molécules anti-infectieuses, il en existe plusieurs types dont l’action est plus ou moins marquée mais surtout dont les précautions sont à bien connaitre. Par exemple, savez-vous quelle est la différence entre un thym à thymol et un thym à linalol ? Ils sont tous deux anti-infectieux mais le thymol appartient à la famille des phénols qui sont dermocaustiques et hépatotoxiques, tandis que le linalol appartient à la famille des monoterpénols qui, bien que légèrement moins puissants, sont beaucoup mieux tolérés et ne présentent pas de toxicité à doses physiologiques.

Autre exemple, les cannelles. Selon l’organe producteur distillé, nous aurons deux huiles essentielles anti-infectieuses puissantes mais dont les précautions ne seront pas tout à fait les mêmes. L’huile essentielle de cannelle issue des feuilles peut contenir jusqu’à 80% d’eugénol qui est un phénol et donc dermocaustique et hépatotoxique. L’huile essentielle de cannelle issue de l’écorce peut contenir, quant à elle, jusqu’à 70% de cinnamaldéhyde, qui appartient à la famille des aldéhydes aromatiques, lesquels sont également dermocaustiques mais pas hépatotoxiques. Notez que la cannelle issue de l’écorce contient aussi de l’eugénol mais en très petite quantité.

Encore un exemple ? Prenons deux huiles essentielles connues pour leur capacité à fluidifier et expectorer les mucosités bronchiques : l’eucalyptus globuleux et l’eucalyptus radié. La molécule principale de ces deux huiles essentielles est le 1-8 cinéole (ou eucalyptol) qui appartient à la famille des oxydes. Or, le premier contient également du pinocarvone, cétone qui confère à l’huile essentielle d’eucalyptus globuleux une capacité mucolytique supérieure à celle de l’eucalyptus radié, mais aussi une précaution supplémentaire car elle peut présenter des risques neurotoxiques12 .

L’on s’aperçoit depuis longtemps que l’efficacité d’une huile essentielle n’est pas liée à la présence de telle ou telle molécule, elle est le fruit de l’action convergente de l’ensemble des molécules qui la composent. Ces assemblages, longuement élaborés par la nature, recèlent de nombreuses inconnues que des chercheurs comme les docteurs Faucon, Franchomme, Baudoux, Pénoël, et bien d’autres, tentent de percer.

Les toxicités des huiles essentielles et comment les apprivoiser

Danger

Selon leur composition, les huiles essentielles peuvent être :

  • Allergisantes. Si vous avez un terrain allergique, toutes les huiles essentielles peuvent être potentiellement allergisantes.
    Il est indispensable de procéder à un test dans le pli du coude 24 heures avant utilisation.
  • Irritantes cutanées. C’est le cas des huiles essentielles à majorité de monoterpènes comme les conifères et les agrumes.
    Les diluer jusqu’à 20% dans une huile végétale avant de les appliquer sur la peau.
  • Néphrotoxiques. Ce sont les mêmes huiles essentielles que les irritantes cutanées, mais plus particulièrement les genévriers. En usage à haute dose et sur le long terme par voie orale (ce qui est rare), ces huiles essentielles peuvent abimer les néphrons (reins).
    Limitez dans le temps l’absorption par voie orale.
  • Irritantes respiratoires. Il s’agit des huiles essentielles à phénols (thym à thymol, thym à carvacrol, les origans, sarriette des montagnes, giroflier, cannelle feuille…) et aldéhydes aromatiques (cannelle écorce, cumin)
    Elles ne doivent pas être diffusées.
  • Hépatotoxiques. Huiles essentielles à phénols (Ajowan, cannelle feuille, giroflier clou et feuille, thym à thymol, thym à carvacrol, thym satureoïde, les origans, sarriette des montagnes).
    Contre-indiquées si vous avez le foie fragile.
  • Dermocaustiques. Il s’agit des mêmes huiles essentielles que les hépatotoxiques et les irritantes respiratoires.
    Soit vous évitez de les appliquer sur la peau ou alors vous les diluez au maximum à 5% dans une huile végétale puis vous appliquez sur une zone très localisée, mais pas sur le visage.
    Oubliez les massages sur l’ensemble du corps à base de cannelle !
  • Photosensibilisantes. Ce sont les coumarines présentes dans les zestes d’agrumes (citron, orange, mandarine, bergamote, cédrat, citron vert, pamplemousse) essentiellement qui rendent ces huiles essentielles photosensibilisantes. La photosensibilisation est aussi active lorsque l’on avale une huile essentielle d’agrume, mais dans une moindre mesure.
    Surtout, ne vous exposez pas au soleil après un massage avec l’une de ces huiles essentielles. Attendez au minimum 8h.
    L’idéal est de les appliquer (diluées bien sûr) le soir.
  • Neurotoxiques et abortives. Il s’agit des cétones qui, n’étant pas métabolisées, sont toxiques par accumulation dans les graisses. Les huiles essentielles les plus communes sont le romarin à verbénone, le romarin camphré, la lavande aspic, l’eucalyptus globuleux, l’eucalyptus mentholé, etc…
    Ces huiles essentielles sont interdites chez la femme enceinte et allaitante, l’enfant de moins de 6 ans et les personnes épileptiques.
    Toutefois, toutes n’ont pas le même degré de toxicité. Par exemple, l’hélichryse italienne peut être appliquée pure et localement et sur une courte période chez les jeunes enfants et la femme enceinte de plus de 4 mois (mais pas sur la ceinture abdominale) et sous la supervision d’un thérapeute.
  • Hormon-like et plus particulièrement oestrogen-like. C’est-à-dire qu’elles miment l’action des oestrogènes. Il s’agit principalement du cyprès toujours vert, du fenouil doux, de la sauge sclarée, du niaouli.
    Ces huiles essentielles sont à éviter en cas de mastose, de fibrome et de cancer hormono-dépendant.

Voies d’administration des huiles essentielles

Les huiles essentielles peuvent s'utiliser de multiples manières

La voie cutanée est la plus fréquente et la plus pertinente pour la plupart des problématiques ou simplement pour le plaisir.

Mais oui, certaines huiles essentielles peuvent s’appliquer pures ! Une fois ou deux sur une zone très localisée. Par exemple :

  • Une goutte de menthe poivrée sur un coup pour atténuer la douleur.
  • Une goutte ou deux d’hélichryse italienne sur un hématome pour éviter l’apparition d’un bleu.
  • Une goutte de lavande aspic sur une piqûre d’insecte calme la démangeaison.
  • Une goutte ou deux de camomille romaine sur les poignets que vous respirez profondément pour apaiser une angoisse.
  • Une goutte ou deux de lavande vraie ou fine sur la plante des pieds pour aider à s’endormir.
  • Une dizaine de gouttes de ravintsara sur les avant-bras pour lutter contre un refroidissement.
  • Etc…

Dans la plupart des situations, vous les diluerez dans des proportions différentes selon :

  • Le type d’huile essentielle, irritante ou non.
  • La localisation :
    • Pour le visage une dilution entre 1 et 3% au maximum.
    • Sur les autres parties du corps (sauf les muqueuses) les dilutions peuvent aller de 5 à 50%.
  • Le type d’usage :
    • Pour un massage, 10% d’huile essentielle dans une huile végétale est un dosage suffisant.
    • Sur un muscle avant ou après effort, entre 10 et 30 %.
  • Pour une action antiseptique ou antifongique, la dilution peut aller jusqu’à 50%.

Dans le bain, délayez entre 10 et 20 gouttes d’huile essentielle (non dermocaustique) dans un savon liquide et incorporez votre mélange dans l’eau du bain.

Astuce…

Les huiles essentielles sont volatiles. Incorporez-les une fois la baignoire remplie.Si vous les incorporez avant de finir le remplissage de la baignoire, leur odeur aura disparu. Ce serait dommage !

La voie interne concerne l’absorption orale, sublinguale, rectale et vaginale. Cette voie d’administration est strictement réservée au spécialiste.

La voie olfactive englobe l’inhalation et la diffusion.

N'hésitez pas à utiliser un diffuseur d'huiles essentielles

L’inhalation est plutôt privilégiée pour désencombrer les voies respiratoires, apaiser une angoisse, calmer un épisode de stress, mais aussi pour faire un travail sur l’inconscient et la sphère émotionnelle qui est du domaine de l’olfactothérapie.

La diffusion sert à :

  • Assainir un espace comme une chambre de malade par exemple.
  • Favoriser un travail de créativité collective.
  • Dynamiser une ambiance ou favoriser la convivialité.
  • Créer une identité olfactive (un peu comme un logo qui est une identité visuelle).
  • Etc…

N’hésitez pas à lire sur le sujet notre article sur les meilleurs diffuseurs ainsi que celui sur les meilleures huiles essentielles pour les diffuseurs !

Les huiles essentielles à avoir sur soi

Les précautions d’usage des huiles essentielles

Attention

Nous vous invitons très vivement à faire preuve de vigilance lorsque vous utilisez des huiles essentielles car, sans précaution, entre brûlure, intoxication voire accentuation des troubles, les risques sont réels. Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à consulter un spécialiste.

Précautions simples :

  • Portez une attention toute particulière chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, la personne âgée, épileptique, asthmatique ou souffrant de pathologies chroniques.
  • En cas de terrain allergique, procédez systématiquement à un test dans le pli du coude et attendez 24h.
  • Respectez les doses qui vous ont été conseillées. Les huiles essentielles sont puissantes et augmenter les doses peut augmenter les risques de toxicité.
  • Maintenez les flacons bien fermés et hors de portée des enfants.
  • Après usage d’huiles essentielles, lavez-vous soigneusement les mains.
  • Ne chauffez pas les huiles essentielles.

Précautions complémentaires :

Les huiles essentielles ne sont pas solubles dans l’eau, donc :

  • Dans le bain, les diluer obligatoirement dans un savon liquide neutre, ou un dispersant.
  • En cas de projection dans les yeux ou une muqueuse ou encore d’application d’une huile essentielle dermocaustique pure sur la peau : NE PAS RINCER A L’EAU ! Essuyez avec une gaze ou un coton largement imbibé d’huile végétale.
  • En cas d’ingestion accidentelle : NE PAS FAIRE VOMIR ! Boire de l’huile végétale. Contactez le centre anti-poison le plus proche.

Interdiction :

  • De les injecter que ce soit par voie intraveineuse ou intramusculaire.
  • D’en mettre dans les yeux et les oreilles.
  • De les appliquer pures dans le nez et sur les zones ano-génitales. Vous pouvez si besoin les diluer au maximum à 5% dans une huile végétale, à condition qu’il s’agisse d’huiles essentielles non dermocaustiques.
  • De les appliquer sur la ceinture abdominale chez la femme enceinte.

Il s’agit là de précautions générales, mais ajoutez-y systématiquement les précautions que chaque huile essentielle est susceptible de présenter en raison de sa composition propre. N’hésitez pas à faire appel à un spécialiste pour vous conseiller.

Une part de mystère…

Nous n’avons pas abordé ici la dimension énergétique des huiles essentielles car même si l’on en constate les effets, personne ne sait aujourd’hui comment l’expliquer. Pourtant, des scientifiques planchent sur les capacités qu’ont développées les plantes au fil des millénaires en matière d’adaptation, de communication, d’entraide13 . Que nous transmettent-elles donc à travers leurs huiles essentielles que nous ne soupçonnons même pas ? Ainsi, les vivantes huiles essentielles gardent-elles une part de mystère, nous invitant à l’humilité car nos connaissances en perpétuelle évolution ne perceront jamais ce mystère !


Important ! Ces informations sont communiquées à titre informatif et non pas professionnel. Elles n’ont pas pour vocation à remplacer une visite médicale et un diagnostic personnalisé réalisé par un expert de santé tel un médecin, seul à même de le réaliser légalement et d’effectuer des prescriptions adaptées à votre situation médicale et votre situation particulière.


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  1. Dixit le Docteur Jean-Pierre Willem, médecin, co-fondateur de Médecins sans frontière, fondateur de l’association Médecins Aux Pieds Nus (MAPN), de la Faculté Libre de Médecines Naturelles (FLMN) et de la Fondation Biologique Internationnale. []
  2. Selon Pierre Franchomme, docteur en pharmacie, un des pionniers de l’aromathérapie scientifique, créateur de la notion de chémotype, fondateur du laboratoire Prânarôm (repris en 1991 par Dominique Baudoux), co-auteur du livre l’Aromathérapie exactement (première bible d’aromathérapie scientifique parue en 2001), dirige le laboratoire Pierre Franchomme Lab. Interview. []
  3. Gilles Fournil, inventeur de l’olfactothérapie en 1992, il enseigne cette discipline dans un but de développement personnel mais aussi pour former des professionnels. []
  4. Voir www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/fiches_pratiques/fiches/huiles-essentielles_0.pdf []
  5. Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes []
  6. Liste de ces 15 huiles essentielles sur le site de l’ANSM, Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé. []
  7. Règlement européen sur l’enregistrement, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques. Publié le 30/12/2006 au journal officiel. Vous pouvez trouver plus d’informations sur le sujet sur https://echa.europa.eu/fr/regulations/reach/understanding-reach []
  8. Réponse du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie à une question publiée dans le JO Sénat du 11/07/2013. []
  9. Recommandations relatives aux critères de qualité des huiles essentielles, AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé). Page 9 []
  10. Pesticides dans les huiles essentielles : présence et concentration dans des huiles essentielles d’orange issues de cultures biologique et conventionnelle en provenance de 11 sites géographiques différents. []
  11. Source : Traité d’aromathérapie scientifique et médicale, Michel Faucon 2017. Editions Sang de la Terre [] [] []
  12. La plupart des cétones neurotoxiques le sont par accumulation de toxines dans les tissus. Pour mieux comprendre la Toxicologie des Eucalyptus, on peut se référer au mémoire de pharmacologie ‘Huiles essentielles d’Eucalyptus globulus, d’Eucalyptus radiata et de Corymbia citriodora : qualité, efficacité et toxicité‘ – Nathalie KOZIOL – 2015 []
  13. Les émotions cachées des plantes, Didier Van Cauwelaert 2018. Editions Plon []
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